Croissance des start-ups et PME 
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Croissance des start-ups et PME 

Pourquoi les modèles actuels atteignent leurs limites ?

Recommandations

1. Concevoir une intelligence artificielle qui orienterait les start-ups et les PME vers le bon guichet d’aide, qu’il soit public, privé ou associatif. L’IA jouerait le rôle de guide personnalisé, en triant et filtrant les informations pour proposer les aides les plus pertinentes selon le profil de l’entreprise.

2. Faciliter l’accès aux marchés par la commande publique, d’abord française puis européenne, afin de favoriser l’émergence de start-ups et de PME. Un modèle sur lequel prendre exemple est le Small Business Act de 1953 aux États-Unis d’Amérique.

3. Rationaliser l’organisation de la commande publique française en envisageant une optimisation des pouvoirs adjudicateurs au sein d’une organisation unique, dotée d’antennes locales, qui piloterait la commande publique française.

4. Faciliter les fusions transfrontalières au sein de l’Union européenne afin de permettre les synergies transnationales entre start-up et PME complémentaires pour atteindre une taille compétitive dans des secteurs aujourd’hui largement internationaux.

5. Optimiser le système de prêts garantis au niveau français et européen en se focalisant sur l’articulation des différentes initiatives locales, nationales et européennes et permettre une revue plus régulière des critères d’attribution en les recentrant sur des secteurs et types d’investissements stratégiques.

6. Concevoir les programmes de garanties de prêts avec une évaluation rigoureuse a posteriori. Il est important que ces programmes tiennent compte des risques inhérents :
— La réduction du risque de perte pour les intermédiaires financiers pourrait conduire à une prise de risque excessive ;
— Les intermédiaires pourraient utiliser de manière opportuniste les garanties pour transférer la partie la plus risquée de leurs portefeuilles de prêts, plutôt que pour financer de nouveaux clients ;
— Les décideurs politiques pourraient sous-estimer les coûts d’une politique de garantie, qui ne se matérialisent qu’à long terme.

Start-ups et PME sont régulièrement présentées comme les moteurs de la croissance, de l’innovation et de l’emploi. Pourtant, malgré une décennie de politiques de soutien et un écosystème entrepreneurial désormais mature, leur dynamique de croissance semble marquer le pas en France comme en Europe. Ce constat invite à repenser les leviers de l’action publique et les modèles de financement qui leur sont destinés.

Un paradoxe entrepreneurial français et européen

Jamais les start-ups et les PME n’ont bénéficié d’un environnement aussi dense en dispositifs d’accompagnement, en financements et en infrastructures. Incubateurs, fonds d’investissement, aides publiques nationales et européennes, programmes d’innovation, etc. L’écosystème entrepreneurial s’est considérablement étoffé au cours des quinze dernières années.

Ce dynamisme a produit des résultats visibles. La création d’entreprises a fortement progressé, la France s’est imposée comme l’un des écosystèmes les plus attractifs de la zone euro, et l’Europe compte aujourd’hui plusieurs centaines d’entreprises valorisées à plus d’un milliard de dollars. Pourtant, derrière ces succès, un phénomène plus préoccupant se dessine. La croissance des start-ups et des PME tend à ralentir, et leur capacité à changer d’échelle demeure limitée.

Ce paradoxe est au cœur des débats actuels. Comment expliquer que des entreprises reconnues pour leur potentiel innovant peinent encore à transformer l’essai en croissance durable et en compétitivité internationale ?

Le véritable frein : moins l’innovation que l’accès au marché et au financement

Longtemps, l’attention s’est concentrée sur l’offre : stimuler l’innovation, encourager la création d’entreprises, multiplier les dispositifs de soutien à l’amorçage. Aujourd’hui, le principal obstacle s’est déplacé. Les start-ups et les PME ne manquent pas d’idées ni de projets, mais rencontrent des difficultés croissantes pour accéder aux marchés, sécuriser leurs débouchés et financer leur développement dans la durée.

L’accès au financement demeure un enjeu structurant, en particulier pour les entreprises jeunes ou de petite taille. Malgré la progression des levées de fonds et des investissements, nombre de PME restent confrontées à des contraintes de trésorerie et à des conditions de crédit restrictives. Ces tensions limitent leur capacité à investir, à recruter et à innover.

Parallèlement, l’accès au marché apparaît comme un goulot d’étranglement souvent sous-estimé. Sans clients, même les entreprises les plus innovantes ne peuvent croître durablement. Or, pour de nombreuses start-ups et PME, franchir le cap des premiers marchés structurants demeure un défi majeur.

Repenser l’action publique : de la logique d’offre à la logique de demande

Face à ces constats, une inflexion des politiques publiques s’impose. Soutenir la création d’entreprises ne suffit plus, il devient nécessaire d’accompagner leur développement, leur accès aux marchés et leur capacité à investir sur le long terme.

À cet égard, deux leviers apparaissent particulièrement structurants. Le premier est celui de la commande publique. En facilitant l’accès des start-ups et des PME aux marchés publics, l’État et les collectivités peuvent jouer un rôle déterminant dans la sécurisation de débouchés, la montée en charge de l’activité et le passage à l’échelle. Utilisée comme un outil stratégique, la commande publique peut devenir un puissant moteur de croissance.

Le second levier est celui des prêts garantis. En partageant le risque avec les établissements financiers, ces dispositifs permettent de desserrer les contraintes de financement pesant sur les PME et de soutenir l’investissement productif. Loin d’être de simples outils conjoncturels, ils peuvent produire des effets durables sur la croissance, l’emploi et la résilience des entreprises.

Un enjeu stratégique pour la compétitivité de demain

Au-delà des débats techniques, la question de la croissance des start-ups et des PME est fondamentalement stratégique. Elle conditionne la capacité de la France et de l’Europe à innover, à créer des emplois et à préserver leur autonomie économique dans un contexte international marqué par des tensions accrues.

Repenser les leviers de soutien aux entreprises, c’est donc interroger le modèle de croissance que nous souhaitons promouvoir. La commande publique, les prêts garantis et une meilleure lisibilité de l’écosystème entrepreneurial constituent autant de pistes pour répondre à ce défi.