[Débat] Les jeunesses internationales et l’entreprise : la grande défiance ?
EMERGY (tendances émergentes)

[Débat] Les jeunesses internationales et l’entreprise : la grande défiance ?

Ce compte rendu a été co-rédigé avec Hannah Fautsch, chargée de mission, ONUDI Bruxelles.

Le rapport EYES, et tout particulièrement ses développements sur la méfiance des jeunesses internationales au travail, ont donné lieu à une conférence tenue le 20 mai 2022 dans les locaux de l’ONUDI Bruxelles et en ligne, en partenariat avec SKEMA PUBLIKA. Les parties prenantes invitées ont pu exposer une utile diversité de points de vue et fournir des pistes pour avancer sur ce sujet majeur.

Contexte

En introduction de la conférence, Patrick Gilabert, chef du bureau de l’ONUDI à Bruxelles, souligne le caractère inédit du rapport EYES et les profonds changements en cours dans le monde du travail.

Claude Revel, directrice du think tank, présente les objectifs du rapport EYES. Cette étude majeure a pour but de relayer les opinions informelles de la jeunesse auprès des décideurs. Le rapport capte les opinions des jeunesses internationales autour de cinq sujets de société priorisés par les jeunes eux-mêmes : médias et presse, réseaux sociaux, nouvelles technologies, sécurité et monde du travail.

Xavier Desmaison, PDG et co-fondateur d’Antidox, cabinet spécialisé en traitement des données massives, explique la méthodologie employée. Il souligne aussi la prise en compte des biais potentiels liés à une expression sur Twitter au moment de réaliser l’étude. Toutefois, cette analyse des opinions spontanées révèle qu’un vrai débat d’idées existe parmi les jeunes sur ces sujets.

Sarah Vallée, chargée de projet chez SKEMA PUBLIKA présente les constats de la note consacrée aux jeunesses au travail. Les résultats montrent que les jeunes souhaitent que les entreprises prennent en compte des sujets « moraux » . Les jeunes demandent aussi une digitalisation adaptée et une meilleure préparation à leur arrivée dans le monde du travail. Les recommandations provenant de la note s’adressent aux entreprises et aux organisations internationales. D’abord, les entreprises gagneraient à adopter une digitalisation utile et à conserver le lien social entre l’entreprise et les employés. Dans ce cadre, un positionnement politique retranscrit dans les pratiques entrepreneuriales est une solution potentielle. Ensuite, elles recommandent aux institutions de soutenir l’insertion des jeunes en entreprise en déployant de nouveaux programmes adaptés. L’intégration des soft skills dans les enseignements des jeunes est une autre solution pour mieux les préparer, propose-t-elle.  

Table ronde

Ces présentations sont suivies par une table ronde composée des quatre intervenants suivants :

  • M. Pablo Cornide, gestionnaire des politiques Emploi des jeunes à la Commission européenne
  • Mme Béatrice Richez-Baum, directrice générale d’ecoDa (European Confederation of Directors Association)
  • Mme Raquel Torres Prol, vice-présidente de JEUNE (Jeunes Entrepreneurs de l’Union Européenne)
  • M. Thomas Ruspil, étudiant à SKEMA Business School, ancien président de l’association PourParlers

Thomas Ruspil explique que, du point de vue des nouvelles générations, les entreprises ont aujourd’hui une responsabilité politique et sociale dans un monde aux ressources limitées. Cependant, les demandes des jeunes diffèrent en fonction de leur pays d’origine et de leur origine sociale.

Raquel Torres ajoute que les entreprises doivent établir l’inclusivité comme une voie potentielle vers plus d’égalité.

Béatrice Richez-Baum indique que les entreprises sont en pleine mutation. Les exigences législatives et les attentes de la société civile les incitent à repenser leurs modes de fonctionnement et d’opération. Il n’est pas toujours certain que ces changements soient perçus et évalués à leur juste niveau.

Pablo Cornide souligne que l’accompagnement vers ces changements s’appuie sur des législations et des programmes européens destinés à encourager l’insertion des jeunes. Il revient sur l’inclusion et l’importance d’impliquer différents acteurs dans la création des nouvelles pratiques des entreprises.  

Le compte-rendu dans sa version longue est disponible.

Pour aller plus loin :